100 ans d’Histoire du  S.O. AVIGNON

Le SOA XIII est le doyen des clubs avignonnais, fondé en 1916, cette page retrace succintement l’histoire du club depuis sa création et son affiliation a la fédération française de rugby à XIII en 1944.

Le 4 mars 1916 naissait le Sporting Olympique Avignonnais, club omnisports à l’origine (Rugby à XV, Athlétisme, et Préparation militaire), dont le Président fondateur fut le Vicomte du Tertre et le vice-président Marius Brémond.

En 1944, à la suite d’une réunion qu’animait le catalan Marcel Laborde, les dirigeants du SOA, en tête desquels se trouvaient Luc Nitard et le capitaine-entraîneur François Rivière, décidèrent de rejoindre la fédération de rugby à XIII. André Girardin présidait le comité, Luc Nitard en était le secrétaire général.

Sous la direction de François Rivière et d’un éducateur hors pair, Abel Mayen, poigne de fer et technicien de valeur, le SOA prenait un essor considérable, au fil des années, il révélait de nombreux jeunes (André Savonne, Maigre, Grangeon, Rouqueirol, René Jean) puis accueillait des renforts de choix ( Béraud, Merquey, Parent) qui lui permettait de franchir un palier supplémentaire.

Finaliste du championnat en 1957, quatre fois vainqueur de la coupe de France, ce club qui a su se créer un style de jeu original, à la fois axé sur la solidarité, l’enthousiasme et le brio, fut le premier club de la région par le nombre de licenciés et la valeur de ses performances. Il a donné de nombreux joueurs de talents à l’équipe de France parmi lesquels Béraud, Savonne, Merquey, Rey, Fabre, Guigue, Imbert, et plus récemment Buttignol et Entat.

Club doyen de la cité des Papes, le SOA a toujours formé des jeunes qui ont porté haut le célèbre maillot cerclé bleu et blanc sur la mythique pelouse du stade de St Ruf.

Dans les années cinquante 10.000 spectateurs en moyenne s’entassaient autour du terrain sur des chaises pliantes, une fois les tribunes en bois bien remplies, pour encourager leur équipe qui a longtemps tenu les premiers rôles dans le championnat.

Depuis ces années fastes, le SOA a connu des hauts et des bas, se distinguant par les bons résultats de l’école de rugby, jusqu’aux années 80 et le renouveau concrétisé par une belle victoire en coupe de France en 82, avec le doublé Senior/Juniors contre Carcassonne à Narbonne.

Le recrutement de joueurs de talents, l’éclosion de joueurs locaux et l’arrivée des Australiens allait permettre d’améliorer les performances avec notamment une nouvelle coupe de France en 89 gagné 12 à 11 contre Le Pontet à Albi.

Un doublé coupe-championnat en Juniors en 1995 avec Gérard Faure et Frédéric Bissière comme entraîneurs a redoré le blason dans ces années 90 difficiles tant sur le terrain qu’en dehors, en pleine période charnière pour le club doyen avignonnais.

Contre vents et marées, et malgré d’énormes difficultés, sportives et financières, la grande famille du SOA a survécu grâce à quelques dirigeants, notamment le regretté Bernard Gayraud, et au travers de son école de rugby grâce au trio Robert Etienne, Jean- Christophe Revol et Jean-Louis Richard, l’incendie et la destruction de la célèbre tribune de St Ruf étant l’illustration de cette période difficile, jusqu’à ce que la naissance du Grand Avignon mette fin à l’agonie du club papal.

C’est à ce moment que, pour suivre la tendance venu des pays anglo-saxons, le Bison devient l’emblème du Rugby à XIII Avignonnais, en référence au célèbre Bison du Vaucluse, le regretté André Savonne, ailier autobus des années cinquante qui a hérité de ce surnom en raison de ses charges dévastatrices et de son beau gabarit, inhabituel à l’époque pour un ailier.

C’est la période noire du club avignonnais, l’ingérence des dirigeants du Grand Avignon, la difficulté de consolider les liens entre les clubs partenaires, Avignon, Caumont et Morières vont entraîner la mise en liquidation judiciaire, suite à une lente agonie, prononcée par le tribunal d’Avignon en Novembre 2001.

Malgré de bons résultats sportifs avec Patrick Entat comme entraîneur, notamment une finale de Coupe de France perdue contre St Estève en 98, alors que l’équipe évolue en Elite 2, et une demi finale de championnat de France les années suivantes, grâce à un recrutement important et coûteux (Okesene, Devecchi, plus des étrangers en nombre important) et des joueurs locaux (Guigue, Dekkiche), l’addition est trop lourde et le président du Grand Avignon Jean René Laval jette l’éponge à l’orée de la saison 2001/2002.

Pendant ce temps, en 2000, afin que renaisse le SOA dans le nouveau millénaire, et que soit exhaussé le vœux de nombreux passionnés nostalgiques de revoir le maillot cerclé bleu et blanc et les 3 lettres du SOA de retour à St Ruf, Roger Sécula et Christophe Jouffret, SOAistes de toujours, allait perpétuer une tradition longue de bientôt un siècle.

Le SOA revit à nouveau à St Ruf, en parralelle avec le Grand Avignon, assure les levers ou baissers de rideau, pour le plus grand plaisir des anciens qui ont du mal à s’identifier au Grand Avignon, qui évolue sous des couleurs peu inhabituelles marron et jaune. Grâce à l’adhésion d’anciens joueurs dont beaucoup de proches amis le recrutement pouvait commencer. L’effectif a été rapidement formé par des garçons désireux de retrouver le chemin de St Ruf et de toucher le cuir avec le maillot de leur jeunesse.

Puis des plus jeunes ont rejoint le groupe pour participer à cette grande fête conviviale, l’envie de se rencontrer, la volonté de retrouver les sensations des matches et surtout l’amitié d’un grand club, concrétisée par de nombreuses activités et des voyages permet au SOA de voir arriver le nouveau millénaire avec un espoir légitime, si l’on en juge par le renouveau et l’engouement autour de l’école de rugby qui représente l’avenir, tous les mercredi après-midi au stade de St Ruf, et qui nous réserve peut-être des futurs petits Béraud, Merquey, Savonne, Imbert ou Entat !

La mayonnaise semble prendre et après 2 années en Nationale 2 régionale, c’est l’accession au championnat national de Nationale 1. Avec quelques renforts extérieurs, notamment autour de l’australien Tim Orr, véritable pilier de l’équipe, au propre comme au figuré, l’équipe se maintient en milieu de tableau.
Quelques trentenaires sont encore là, et les petits minots du club commencent à pointer le bout de leurs crampons (Florian Bissière, Armani, Argiller, Angeletti notamment), mais entre les deux générations l’écart est trop grand, le SOA manque de joueurs entre 20 et 30 ans, faute à des lacunes en formation les années précédentes et au fiasco du Grand Avignon qui a vu partir les jeunes prometteurs du club.

Malgré deux années difficiles mais plus qu’honorables, et vu le manque de joueurs dignes de ce nom, le peu de motivation de l’entourage, et malgré les efforts des plus assidus et quelques dirigeants avec la foi, la décision est prise en comité directeur de descendre volontairement de division afin de construire à nouveau, et d’intégrer les générations futures petit à petit.

En 2004 l’équipe première se contente donc de piètres derbies avec ses voisins moribonds, et essaye malgré tout d’intégrer les jeunes mais la flamme de l’engouement sportif n’est pas très lumineuse. La lumière viendra tout simplement de ces mêmes jeunes joueurs, nés entre 85 et 87, et un homme qui a su en tirer le meilleur, l’entraîneur Max Dumarché.

A force de travail au niveau de la formation des jeunes, la première vague de la renaissance du SOA commence en 2004 à récolter les fruits d’un travail de base avec la consécration en juniors, qui lors de la saison 2004/2005 s’illustrent en remportant le championnat de France Fédéral, deuxième niveau français, face à Lescure d’Albi et en participant à la finale de la Coupe de France face à Limoux, exploit jamais réalisé par une équipe juniors de niveau inférieur.

Cette génération dorée va alors pousser les dirigeants à postuler à une place dans le championnat juniors élite, malgré l’absence d’une équipe seniors à ce niveau, et c’est grâce à Marseille, dont le projet est ambitieux mais qui est dépourvu d’une équipe juniors, que les jeunes avignonnais vont pouvoir se mesurer enfin à l’élite sur une saison régulière, et aspirer à accéder à l’élite par le biais de Marseille, club parrain représentant du SOA en élite.

Le public avignonnais retrouve l’élite, par l’intermédiaire de Marseille, qui vient évoluer à St Ruf, avec les juniors du SOA en lever de rideau, l’affluence est bonne, 200 à 300 personnes garnissent les tribunes du mythique stade de St Ruf, antre du rugby à XIII avignonnais.

L’équipe de Marseille semble avoir du mal à passer cet hiver 2005/2006, et malgré des résultats sportifs encourageants, les finances ne suivent pas, c’est un nouveau « Grand Avignon » qui se produit, le club s’écroule avant la fin du championnat et avec lui les espoirs de nombreux juniors avignonnais de pouvoir jouer en élite sans devoir aller rejoindre un club audois, catalan ou Aquitain.

Lors de cette saison 2005/2006, alors que l’équipe première du SOA XIII de l’entraîneur Alain Gardiol, peine à gagner un match en Nationale 2, nos juniors enchaînent les bons résultats, et avec la mauvaise nouvelle de Marseille, qui va obliger l’équipe de l’entraîneur Patrice Rodriguez, CTR recruté à l’inter saison, à terminer la saison toute seule, cette saison va se terminer prématurément avec une défaite en ¼ finale du championnat face à St Gaudens, et en ¼ finale de la Coupe face à l’UTC.

Heureusement, les jeunes catégories s’illustrent, école de rugby, Minimes et Cadets, sont là et bien là, et représentent l’avenir du club.

Septembre 2006 l’équipe première réintègre la Nationale 1 avec comme entraineur joueur Florian CHAUTARD aidé dans sa tache par un ancien international avignonnais et pontétien Bernard IMBERT, les juniors sont encadrés par deux autres ex joueurs du SOA des années 80, Max DUMARCHE et Philippe JEAN

En 2008 le SOA doit se délocaliser au parc des sports pour les travaux de la pelouse synthétique au stade st Ruf.

Bien sur le parc sonne un peu creux pour les  fidèles supporters qui découvrent les nouvelles recrues Dean Amos et Zion Afele, le retour de l’expérimenté Danny Lima est moins convaincant.

Le SOA se maintient honorablement sans faire d’exploit avant le retour sur la nouvelle pelouse synthétique dans l’antre de St Ruf. Toujours dans une politique de formation des jeunes, les années suivantes permettent de faire évoluer les jeunes issus de l’école de rugby ainsi que des recrues régionales. Puis sous la direction de Philippe Duclaux et du nouvel entraîneur Renaud Guigue un recrutement étranger de qualité vient renforcer un effectif déjà plein de potentiel avec notamment Aaron Woods, Kieran Whalley, Brett Kelly, Dean Amos, Joe Williams, Darrren Nichols pour venir échouer en demi finale du championnat et 2011 à Toulouse face à Carcassonne.

Ce n’est que parti remise et en 2013 sous l’impulsion de Ray Nasso, homme du match, que le SOA s’impose en finale face à Limoux au terme d’un match extraordinaire en rebondissement sur le score de 38 à 37. Le dernier trophée en date depuis la dernière victoire en coupe de France en 89.